Radio Havane Cuba-12 Juin 2002 Via NY Transfer News * All the News That Doesn't Fit Radio Havane Cuba - evenements importants du jour - 12 Juin 2002 . *DES MILLIONS ET DES MILLIONS DE CUBAINS DESCENDENT DANS LA RUE POUR DIRE OUI A LA SOCIÉTÉ QU'ILS ONT CHOISIE *LES 169 COMMUNES DES 14 PROVINCES QUE COMPTENT CUBA ONT CONNU DES MANIFESTATIONS ET DES RASSEMBLEMENTS SANS PRÉCÉDENT Éditorials: *MODIFIER LA CONSTITUTION CUBAINE?: LA RÉPONSE EST DANS LA RUE! *CUBA: LA RAISON, ARME INTELLIGENTE *LA FAIM DANS LE MONDE: UN PANORAMA RÉVOLTANT! . *DES MILLIONS ET DES MILLIONS DE CUBAINS DESCENDENT DANS LA RUE POUR DIRE OUI A LA SOCIÉTÉ QU'ILS ONT CHOISIE La Havane, 12 juin (RHC)--Des millions et des millions de personnes depuis la capitale du pays , La Havane, jusqu'à la plus petite des localités, ont défilé ou se sont rassemblées pour souligner que rien ni personne n'est en droit de remettre en cause le régime économique, social et politique que les Cubains ont choisi. Au cours de manifestations et rassemblements qui ont atteint une ampleur sans précédent dans un pays où pourtant la population est prompte à se dresser pour défendre ses objectifs, les Cubains ont appuyé les propositions avancées lundi en fin d'après midi, par l'Assemblée extraordinaire des principales organisations sociales et populaires. Elles ont décidé de demander à l'Assemblée Nationale d'adopter une modification de la Constitution qui consigne expressément que le peuple cubain considère comme intouchable le régime économique, politique et social actuel. Elles ont demandé aussi que soit bien établi que les relations économiques, diplomatiques et politiques ne peuvent en aucun cas être négociées sous la pression, la menace ou dans le cadre d'une agression étrangère. Rappelons que la Constitution actuelle a été adoptée par référendum en 1976 et modifiée en 1992. Elle donne le droit aux citoyens de proposer des modifications de son contenu qui doivent être débattues par l'Assemblée. À La Havane, les habitants de la capitale, de la banlieue et de la province qui les jouxte avaient commencé à se rassembler dès 4 heures du matin sur la grande avenue du bord de mer et dans les grandes avenues qui y conduisent. Moins de deux heures après, elles étaient noires de monde et des gens continuaient d'arriver. La manifestation de la capitale cubaine a débuté à 8 heures, heure locale et s'est terminée à midi et quart. Le Chef de l'État cubain a défilé en tête aux côtés des membres du gouvernement et des dirigeants des organisations populaires de notre pays. Plus d'un million 200 mille personnes ont manifesté sur l'avenue du bord de mer de notre capitale sous une mer de drapeaux cubains, nombre d'entre elles portaient des portraits de nos 5 compatriotes condamnés injustement à de lourdes peines aux États-Unis pour espionnage alors qu'ils n'avaient rien fait d'autre que de s'infiltrer dans les rangs des organisations des ultras de Miami qui organisent des attentats terroristes comme ceux de l'été 97 contre Cuba. Les médias - la radio et la télévision - qui se sont mis en boucle ont réalisé une transmission spéciale pour les personnes qui n'ont pu prendre part à la marche de La Havane et aux défilés de province. Notre station a diffusé en direct la marche de La Havane en passant régulièrement la parole aux diverses villes de province. Après les notes de notre hymne national, une déclaration de l'Union des Jeunes Communistes a été lue pour confirmer les objectifs des manifestations d'aujourd'hui: "Cubaines et Cubains, Nous assistons aujourd'hui à une journée de lutte sans précédent dans l'histoire de notre nation. Le peuple de Cuba, héritier légitime des traditions glorieuses de lutte pour la liberté, l'indépendance et la souveraineté de notre pays, répond aux propos de Monsieur le Président des États-Unis qui, sur un ton menaçant et arrogant, prétend nous imposer le modèle néolibéral qui est en train de faire sombrer les peuples d'Amérique Latine et du monde. Cette mobilisation gigantesque confirme l'appui national à l'initiative de modification constitutionnelle avancée par l'Assemblée commune de nos organisations de masse à l'organe suprême de l'État cubain, l'Assemblée Nationale du pouvoir populaire, ce qui a démontré de manière irréfutable que le peuple est la force, le gouvernement et le pouvoir même de la nation cubaine. En avant, compatriotes, défilons pour confirmer que la Révolution est intouchable. Défilons pour défendre notre système socialiste qui a rempli de gloire le peuple cubain." Toutes les générations étaient présentes ici à La Havane. Une jeune lycéenne de 14 ans a signalé par exemple à un journaliste qui lui demandait ce qui l'avait fait se lever très tôt ce matin pour participer à la manifestation: " La volonté de rétorquer aux arguties de Bush et à l'administration étasunienne, ils disent qu'il n'y a pas d'unité et regardez le peuple uni ici. Comment ? 'il n'y a pas de démocratie et nous nous sommes levés à 4 heures du matin pour défendre la révolution, exiger la libération de nos 5 compatriotes. J'ai pris part à des élections, j'ai gardé les urnes comme on le fait ici et je n'ai jamais vu de fraude, personne n'est obligé de voter et il n'y a pas d'urnes vides." Jorge Ritter González, secrétaire général du Syndicat des Transports dans l'arrondissement de 10 de octubre, de La Havane, a relevé au micro de Radio Havane Cuba: " Les travailleurs du syndicat des transports de cet arrondissement renouvellent leur appui aux propos tenus par notre commandant en chef et cela démontre l'unité de notre peuple, de nos travailleurs, de nos travailleurs des transports inspirés du legs de notre héros national José Martí et du général de nos guerres d'indépendance Antonio Maceo. Nous nous sommes donnés rendez-vous à 4 heures du matin avec un grand esprit révolutionnaire et avec une grande confiance en notre leader Fidel." Une autre participante à la manifestation de La Havane a souligné de son côté au micro d'un de nos reporters: " Il y a une masse compacte, gigantesque comme le voulait Fidel. Il y a beaucoup d'étudiants, les jeunes sont toujours à l'avant-garde. Notre peuple fait preuve de sa fermeté et continue à aller de l'avant. C'est la marche la plus grande qui ait eu lieu et nous continuerons à exiger avec autant d'énergie la libération de nos cinq compatriotes emprisonnés justement aux États-Unis." *LES 169 COMMUNES DES 14 PROVINCES QUE COMPTENT CUBA ONT CONNU DES MANIFESTATIONS ET DES RASSEMBLEMENTS SANS PRÉCÉDENT La Havane, 12 juin (RHC)--Toutes les grandes villes de province, toutes les localités ont connu aussi des manifestations et des rassemblements sans précédent aujourd'hui. Nous sommes entrés au cours de ces marches en contact avec nos correspondants en province, tant le ton que le contenu de leurs informations vous donneront une idée de ce que la journée d'aujourd'hui a représenté dans notre pays. Lorenzo Oquendo nous a expliqué depuis Pinar del Río, la capitale de la province du même nom, située à l'Ouest de La Havane: " Depuis très tôt, pratiquement toute la population a pris part à cette marche combative, malgré la pluie, pour répondre aux menaces proférées par Bush le 20 mai. Il y a un grand enthousiasme. Il y a des jeunes, des enfants et même des personnes âgées à cette marche avec Cuba et pour Cuba. Les habitants de Pinar del Río: des travailleurs, des paysans, des étudiants, etc, ont défilé en grand. Des marches similaires ont eu lieu dans toutes les communes de notre province. Pour sa part, Eduardo Pedraza, a rapporté depuis la province de Matanzas, à 130 kilomètres à l'Est de La Havane. " Le patriotisme, l'enthousiasme, la discipline caractérisent cette marche du peuple combattant ici, à Matanzas. Il se passe partout la même chose depuis la région des Marais de Zapata, la moins peuplée, jusqu'à la capitale de la province. Les 650 000 habitants de cette province ont envahi les rues, les terrains de sport, les places, les esplanades des coopératives paysannes pour dire au Président Bush que nous sommes un peuple uni, disciple de notre Héros National José Martí qui a dirigé notre dernière guerre d'indépendance contre le joug colonial espagnol au XIXe siècle, et d'Antonio Maceo, général de nos guerres d'indépendance. Nous sommes accueillants envers ceux qui arrivent le sourire aux lèvres et qui nous rendent visite avec des intentions pacifiques, mais aguerris et énergiques à l'égard de ceux qui osent fouler aux pieds notre souveraineté et nos droits". Écoutons depuis la province de Santiago de Cuba, notre correspondant José Emilio Oliveiros: " Comme dans tout Cuba, plus de 350 mille Santiaguais prennent part à cette marche du peuple combattant pour appuyer la modification de la constitution de la République de Cuba proposée par les organisations de masses de notre pays. La marche a commencé à 7 h 23 sur la Place de la Révolution Antonio Maceo. Brandissant des drapeaux cubains, les Santiaguais ont répondu, une fois de plus, à l'appel de la Patrie et ont organisé la manifestation la plus grande de l'histoire de la province. La foule lançait des vivats à la Révolution et scandait des mots d'ordre exigeant la libération de nos cinq compatriotes emprisonnés injustement aux États-Unis, les écoliers ont ouvert la marche. Ils ont été suivis des combattants de la Révolution cubaine et des travailleurs regroupés dans leurs 19 syndicats de branche. Ils ont tous appuyé les principes de notre constitution : Cuba est un État socialiste de travailleurs, indépendant et souverain, avec tous et pour le bien de tous et ils ont exprimé leur volonté de défendre les acquis de la Révolution." Nos nombreux étrangers, résidant à Cuba ou simples touristes n'ont pas voulu perdre cette occasion de voir de près tout un peuple dressé pour défendre son système social. Parmi eux, un Costaricien, José Alfredo Pineda qui a signalé au micro d'un reporter de RHC: " Je viens du Costa Rica et je veux dire que nous exprimons notre solidarité avec Cuba qui est un exemple de dignité en Amérique Latine. Cuba donne une réponse énergique aux tentatives de l'impérialisme de faire faire arrière à l'histoire d'un peuple qui su défendre les grands acquis de sa révolution. Vivent le peuple costaricien et cubain, qui défendent la dignité, la souveraineté et l'indépendance des peuples qui sont constamment menacées." Éditorials: *MODIFIER LA CONSTITUTION CUBAINE?: LA RÉPONSE EST DANS LA RUE! La Constitution cubaine a eu 26 ans cette année, elle a été promulguée le 24 février 1976. Cette date avait été choisie car elle a marquée, en 1895, le début de notre dernière guerre d'indépendance contre le joug espagnol sous la direction de José Marti, notre héros national qui voulait fonder la République de tous pour le bien de tous. Cette constitution adoptée par référendum, conserve toute sa valeur car elle reflète les convictions, l'idéal et les aspirations de la population. Elle rappelle quelles ont été les étapes de la lutte des Cubains pour la véritable indépendance dont notre pays jouit maintenant. Sur le plan juridique, elle fixe les lois générales du projet social que nous sommes en train d'édifier, les s règles des transformations économiques, sociales et politiques. Une commission d'experts qui avaient à leur tête un dirigeant politique historiques Blas Roca, qui avait croisé le fer à l'Assemblée avec la droite lors de l'élaboration de la Constitution de 1940, progressiste sur le papier mais jamais appliquée et abrogée en 1952 par la dictature de Batista, a élaboré le projet. Il tenait compte de l'expérience cubaine et intégrait les grands courants avancés de l'humanité. Ce projet a ensuite été débattu et amendé par toute la population au cours de réunions dans les entreprises, les établissements scolaires, les quartiers et remanié pour prendre en compte les suggestions de la population avant d'être soumis au suffrage universel. Ce sont en effet plus de 6 millions de Cubains qui ont ainsi débattu l'avant-projet au cours de 170 000 assemblées et plus de 60 articles en sont sortis modifiés. La Constitution pose clairement comme principe que la souveraineté et tout le pouvoir appartiennent au peuple travailleur qui a la propriété collective des moyens de production. C'est ainsi que s'exprime les principes fondateurs de l'État socialiste. Ce sont ces principes qui sont aujourd'hui mis en cause par les adversaires de la Révolution concentrés fondamentalement à Miami et lorsque l'on examine ce qu'ils remettent en cause, on se rend bien compte que leur but, pour inavoué qu'il soit, est de remettre en selle le régime néo-colonial qui a caractérisé la vie de notre pays de 1902 au 1er janvier 1959. Les attaques contre notre société visent justement les principes établis par notre Constitution et signalent que nos conceptions sont autoritaires et ne sont pas conformes aux traditions de liberté qui sont censées avoir présidé aux institutions du passé. Le Président des États-Unis, Georges Bush, s'est permis de recommander aux Cubains de changer les bases de la Constitution. Il a juste oublié un petit détail: ce texte a été adopté par 97% de Oui lors du référendum du 15 février 1976. Les exigences de la Maison-Blanche et des ultras de Miami reviennent à introduire des définitions politiques qui la videraient totalement de son sens et en ferait totalement autre chose, définissant une société qui n'aurait rien à voir avec le projet antérieur d'indépendance sociale et de justice. Nous sommes parfaitement d'accord sur le fait que notre socialisme est perfectible et nous nous employons à le perfectionner et à améliorer la marche de nos institutions démocratiques mais nous nous refusons à rayer d'un trait de plume les bases même de notre projet national. C'est justement pour le perfectionner que l'Assemblée Nationale a adopté en 1992 une série d'amendements tenant compte des changements que le monde et notre pays avaient connus. Jusqu'à présent, les organisations sociales du pays n'avaient pas cru nécessaire d'avoir recours à un droit démocratique que la Constitution leur confère comme elle confère à 10000 citoyens le droit de demander l'adoption d'une loi ou en suggérer le débat. Lundi en fin d'après midi, nos principales organisations sociales et populaires se sont réunies en Assemblée extraordinaire pour demander à l'Assemblée Nationale d'adopter comme la Constitution lui en donne le pouvoir, une modification qui consigne expressément que le peuple cubain considère comme intouchable le régime économique, politique et social consacré par la Constitution. Elles ont demandé aussi que soit bien établi que les relations économiques, diplomatiques et politiques ne sauraient être négociées sous la pression, la menace ou dans le cadre d'une agression étrangère. Les organisations présentes étaient: La Centrale des Travailleurs, la Fédération des Femmes, les Comités de Défense de la Révolution, l'Association Nationale des Petits Agriculteurs, l'Organisation des Pionniers, la Fédération des Lycéens et celle des étudiants ainsi que l'Association des combattants de la Révolution cubaine. Il ne s'agit pas d'un changement de l'essence de notre Constitution mais au contraire d'une réaffirmation des principes qu'elle établit. La réforme demandée propose de les définir de manière encore plus claire, en particulier en ce qui concerne les fondements politiques, sociaux et économiques. En un mot, les Cubains entendent rendre encore plus évidente leur volonté de voir proclamer que rien ni personne n'est en droit de modifier le régime économique, politique et social défini par eux dans la Constitution. Après ce qui s'est passé dans tout le pays ce matin et dont les images ont fait le tour du monde, qui pourrait encore en douter? *CUBA: LA RAISON, ARME INTELLIGENTE Le gouvernement étasunien poursuit sa guerre verbale au sujet de sa croisade anti-terroriste mondiale, semant l'incertitude dans l'arène internationale avec des menaces proférées à tort et à travers, et la panique parmi ses concitoyens avec des déclarations sibyllines au sujet d'éventuels nouveaux attentats. Notre éditorial se penche sur la situation qu'une telle campagne a créée. Ce qui attire l'attention c'est que cette pluie de déclarations de Washington suit la pluie de critiques dont les organes de sécurité nord-américains et le gouvernement lui-même ont été l'objet compte tenu des erreurs qui ont facilité la réalisation des attentats du 11 septembre. Les autorités étasuniennes se sont empressées de créer un super-organisme de sécurité doté d'un budget dépassant les 37 milliards de dollars et regroupant plus de 160 mille hommes. Il coordonnera les efforts que déploient les organismes les plus divers dont le FBI, la CIA, le Service d'Immigration et de Naturalisation ainsi que le Service des Douanes, entre autres. Alors que la planète s'était à peine remise du coup des attentats, le Président Georges Bush a menacé - on ne sait pas si l'influence est venue de ses alliés de Tel-Aviv - de lancer des coups préventifs contre n'importe pays représentant, selon lui, un danger pour les États-Unis. Frapper les premiers, telle est la devise de monsieur Bush, et le monde sait au vu de l'expérience horrible du peuple palestinien, ce que de telles idées peuvent signifier. La seule chose qui manque, c'est que la Maison Blanche annonce l'application d'une politique d'assassinats sélectifs dans le cadre de ses projets de défense nationale. Dans cette guerre verbale, qui n'exclue pas le risque d'un autre type d'agressions, les États-Unis ont tenté en vain de présenter Cuba comme un pays qui a des plans de fabrication d'armes biologiques et qui exporte cette technologie et, presque simultanément, Bush a prononcé un discours agressif contre le système politique, économique et social que nous nous sommes donnés. Pour compléter la campagne de propagande orchestrée à Washington, les organismes de sécurité commencent à faire état de succès. C'est le cas d'un complot qui avait soi-disant pour but de faire exploser une bombe dans la rue à Washington et qui vient d'être déjoué. Des précisions n'ont pas été fournies sur l'accès des personnes impliquées à des substances chimiques, radioactives ou biologiques pour la fabrication de l'engin, mais ils acceptent qu'ils pourraient être achetés aux États-Unis. C'est, incontestablement, une nouvelle reconnaissance tacite des graves failles existant en matière de sécurité. Dans la pratique, de telles annonces, au lieu d'améliorer l'image de marque, fort ternie, des services de renseignement étasuniens, ne font qu'accentuer la panique parmi la population, bien alimentée par la tragédie du 11 septembre, et à mettre l'accent sur les dangers que représente le fait de vivre aux États-Unis. Les gouvernants nord-américains pourraient mieux contribuer à la sécurité intérieure de leur pays en procédant à un changement radical de leur politique extérieure agressive, en mettant fin aux actions militaires en n'importe quel coin de la planète ; en mettant fin à leur appui au régime israélien et en démontant tout l'appareil idéologique qui soutient l'actuelle administration et qui a une forte dose de racisme, de xénophobie et de fascisme. Mais, cela reviendrait à demander l'impossible. Il serait donc plus raisonnable de rester vigilants et prêts à repousser n'importe quel coup préventif, ou mieux encore, à le déjouer à la cubaine, avec la force des arguments, l'unité du peuple, la dénonciation énergique et la raison que nous donne une attitude irréprochable, tant sur le plan national qu'international. *LA FAIM DANS LE MONDE: UN PANORAMA RÉVOLTANT! La communauté internationale s'est fixé un objectif modeste il y a 5 ans lorsqu'elle a estimé qu'il serait possible de réduire de 20 millions chaque année le nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, c'est-à-dire, de le ramener à 400 millions avant la fin 2015. Notre éditorial fait le point sur le moment présent. Nous disons que c'est un objectif modeste, car l'humanité est pleinement consciente aussi du fait que le nombre impressionnant de personnes qui souffre de la faim n'est pas dû au manque d'aliments, mais aux difficultés dans leur production et, surtout, à leur répartition inégale. En effet, aujourd'hui, six ans après le Sommet de Rome, le premier point de la Conférence de la FAO - l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture- qui vient de s'ouvrir, a été la reconnaissance de l'échec total des tentatives d'atteindre ce but et l'acceptation du fait que, loin de diminuer, le nombre d'êtres humains qui se voient privés du droit à l'alimentation, augmente chaque année. Vu la situation actuelle, même au cas où le nombre de gens qui souffrent de la faim, n'augmenterait pas, on aurait besoin de 60 ans pour éliminer ce fléau, qui tue 24 mille personnes par jour, pour la plupart des femmes et des enfants. C'est-à-dire, qu'il y a sur notre planète, un décès toutes les quatre secondes à cause du manque d'aliments dans un monde qui en produit en abondance. La faim et la pauvreté font actuellement plus de morts que les conflits armés. Mais le plus grave c'est que cela a l'air de n'inquiéter que les victimes et de laisser indifférents ceux qui en sont les principaux responsables. La preuve en est qu'au Sommet qui se tient en ce moment aussi à Rome, sur les 29 pays développés, seuls deux sont représentés par leur Chef d'État ou de gouvernement. L'un d'entre eux, le premier ministre italien Silvio Berlusconi doit nécessairement y assister car l'Italie est le pays siège, c'est-à-dire, qu'il est pratiquement tenu d'être là. L'autre, le Président du gouvernement espagnol, José María Aznar y assiste en sa qualité de Président de l'Union Européenne. Les autres se sont dits trop occupés pour assister à une rencontre qui, semble-t-il, ne les concerne pas directement. Cependant, il est clair que si la faim disparaissait de la Terre, nous vivrions tous dans un monde meilleur. Les beaux discours prononcés à ce « sommet » mondial contre la faim, les documents qui y seront approuvés, qui confirmeront l'objectif de réduire de moitié, d'ici à 2015 le nombre de personnes qui ne mangent pas à leur faim dans le monde, auront bien peu d'utilité sans l'engagement clair des pays développés. Sans cet engagement, tout ne sera qu'une utopie. La FAO estime qu'il suffirait globalement de 24 milliards de dollars pour atteindre ce but. Cette somme qui peut paraître énorme si l'on pense aux pays africains où vivent 25% des personnes qui souffrent de la faim dans le monde, ou aux pays d'Asie et d'Amérique Latine est dérisoire pour des puissances qui dépensent bien plus dans des projets sophistiqués de défense ou dans la mise au point d'armes d'extermination massive dernier cri. Dans un monde où les aliments sont utilisés comme arme politique et la faim comme une force au service des puissants pour essayer de briser la résistance des peuples, ceux-ci n'ont qu'une issue: lutter jusqu'à l'obtention de leur véritable liberté, moyennant la solidarité et l'unité de tous ceux qui souffrent, depuis des siècles, d'une faim qui va au delà du simple manque de nourriture. Les puissants de ce monde devraient se souvenir que ce sont des masses affamées qui ont fait les plus grandes Révolutions de l'histoire contemporaine. (c) 2002 Radio Havane Cuba, NY Transfer News. Tous droits reserves. ================================================================= NY Transfer News Collective * A Service of Blythe Systems Since 1985 - Information for the Rest of Us 339 Lafayette St., New York, NY 10012 http://www.blythe.org e-mail: nyt@blythe.org ================================================================= rhc-fra-26911 2002-Jun-13 06:30:15